Ne rien ressentir est déjà quelque chose

trantra

Ne rien ressentir,
ce n’est pas être vide.
C’est souvent être plein de protections.

Lors d’un traumatisme, le corps et le système nerveux peuvent être exposés à quelque chose de trop intense pour être traversé en conscience :
trop de peur,
trop de douleur,
trop d’impuissance,
ou trop seul.

Quand ni la fuite ni le combat ne sont possibles,
le système nerveux active une autre réponse :
le figement, la dissociation, l’engourdissement.

Ce n’est pas un choix.
C’est un réflexe biologique de survie.

Le corps réduit les sensations, coupe l’accès à certaines émotions, met de la distance entre ce qui est vécu et ce qui est ressenti.
Non pas pour nier la réalité,
mais pour permettre à la personne de continuer à vivre malgré elle.

Alors plus tard, dans un contexte plus sûr,
il peut rester cette impression de vide, de distance, de “je ne sens pas grand-chose”.

Mais ce “rien” n’est pas rien.
C’est la trace d’un système qui a tenu,
qui a trouvé une solution quand il n’y en avait pas.

Ces protections ne sont pas des ennemies.
Elles ont été nécessaires.
Elles ont permis la survie.

C’est pourquoi le chemin de reconnexion ne passe pas par le fait de forcer à ressentir,
ni par la volonté,
ni par la pression.

Il commence par le respect.
Par la reconnaissance de ce que le corps a fait pour protéger.

Et souvent, c’est seulement quand ces protections se sentent vues et honorées
qu’elles peuvent, doucement,
commencer à se relâcher.